[20/12/2019]    

L’’éditorial: A la communauté soninké



Notre propos à l’égard de la communauté soninké, la communauté à laquelle j’appartiens, est pour moi un moment fort est plein d’émotions. Depuis quelque temps, je suis impuissamment un lynchage intracommunautaire impropre, non fécond et perfide. Un lynchage qui oppose aux tenants du statu quo lié aux tares sociales qui rabaissent et aux abolitionnistes et autres progressistes qui soutiennent la fin de la perpétuation de ces tares sociales de connotation esclavagiste.

Les victimes dans un élan de prise de conscience, de sensibilisation et d’émancipation se sont confrontées à une explicite sclérosée et archaïque de la donne sociale existante et entretenue par la communauté. Le verbe de ce débat indispensable pour requinquer la société soninké est parfois accusateur voire insultant qu’éducateur. Des apologistes s’invitent dans le débat en aliénant et plongeant l’espoir d’une évolution sociale saine dans une nation des citoyens égaux en droits et en devoirs dans une honteuse impasse. On assiste à une confrontation de tout ordre dans l’obscurantisme étrange.
Très chère communauté, on ne s’y est pas trompé quand on écrivait qu’en Mauritanie on n’est pas encore dans un état. Mais plutôt dans un peuplement où chacun peut se permettre de faire ce qu’il veut où il le veut et même quand il le veut.
Le forum destiné à débattre de cette question ou tare sociale se transforme de jour en jour en un ring d’une bassesse mentale innommable entretenue plus par les féodaux et les victimes qui tombent parfois dans les pièges des apologistes aveuglés.

En face l’image d’une communauté, une communauté comme des spectateurs complices qui ne fait pas beaucoup d’effort pour favoriser le dialogue pour l’apaisement, on murmure dans nos salons sans une action efficiente de nature à finir avec cette situation. Certainement un manque de courage pour cette écriture de notre histoire, histoire d’une société qui doit se former et se reformer mais non continuellement s’enfermer sur elle-même d’où risquent des lendemains incertains.

Chère communauté. Accepter l’histoire, notre histoire, histoire d’esclavage et grandement de ses séquelles est une phase cruciale et déterminante pour la vie et l’existence harmonieuse des soninko. Sans cet examen participatif de cette codification sociale réside l’éclairage avec responsabilité et promptitude, on s’invitera dans le chao et l’opposition sociale stérile. Dans cet imbroglio hautement honteux, le gagnant n’est peut être que le statu quo voulu et entretenu par un système féodalo-esclavagiste.

Chère communauté l’érudit Ahmed Jiddou n’a-t-il pas soutenu dans sa fatwa sur l’esclavage qu’ « Il est du devoir de nos savants, nos prédicateurs, réformateurs et sages du pays de toutes les classes et toutes les composantes de se lever et d’agir comme un seul homme pour éradiquer ce phénomène illégal et illégitime et tous ses effets et séquelles dévastateurs pour notre unité et notre cohésion, une unité que notre Prophète, paix soit sur lui, a considéré comme notre grand atout de foi «l’exemple des croyants dans leur amour mutuel, miséricorde et compassion, c’est comme le corps entier qui se plaint et se solidarise avec tout et chacun de ses organes qui peut souffrir ou avoir de la fièvre» ».

Et le penseur en sociologie coranique et socio-économiste, Moktar Maghlah d’ajouter, « Il faut reconnaitre que la société mauritanienne est esclavagiste. Et que l’Islam est venu pour bannir l’esclavage. Une religion réellement divine comme l’Islam ne peut pas permettre l’avilissement de l’homme. Je pense que pour finir avec cette abomination, il faut le pardon (un pilier de l’Islam) de la part des esclaves en échange du regard, de l’attitude ou de la perception des autres. La classe considérée noble doit se rabaisser à la dimension humaine de la personne qui prône l’égalité entre les personnes ».

C’est ce que Mokhtar, en paraphrasant Rousseau, considère comme un contrat social. Car, soutient-il, « Quel que soit le niveau de développement d’un pays, si la justice sociale n’est pas une pratique pour la gestion entre les hommes tout est à refaire ».
On doit arrêter les invectives et toucher du doigt la véritable réalité ; en discuter sagement pour en sortir dignement. Notre époque ne peut accepter l’assajutement ni le droit à une société d’évoluer entièrement à part avec des codes primaires soutenant la gestion des rapports par la distribution des rôles par caste dans cette société. Les lois du pays et de notre monde doivent s’exprimer pour les rapports des hommes de n’importe quelle société qu’elle se réclame.

Pour le savant Ahmed Jiddou Ould Ahmed Bahi, auteur de la fatwa, « Nous devons aussi nous tous – tout en luttant contre ce mal – éviter de commettre d’autres maux tels que le fait de semer la discorde entre les fils d'une nation et la division entre les frères de la même religion, ou rendre des personnes innocentes responsables des actes des autres. Allah Le Très Haut Dit (« Voilà une génération bel et bien révolue. A elle, ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis – Sourate la Vache »)».

Très chère communauté, cette stratification sociale ou confinement par caste ne peut continuellement être entretenu à nos jours. La survie d’une communauté doit être en phase avec le contexte pour expliquer ses prétextes avec les textes qui respectent et magnifient l’existence pacifique des hommes qui la compose en dignité et égalité. C’est le sens même de l’existence.

Respectueusement.

Camara Seydi Moussa

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