[18/02/2020]    

UN CRI DE COEUR: Oh, toi le passant, dis-moi où est passée « MA » MAURITANIE !!!!

Par le Colonel (a la retraite) Athie Hamath



Les générations nées dans les années quatre vingt ne pourront pas me répondre.

Elles ont vu le jour dans un pays « ghettoyisé » dans lequel elles ont évolué séparées car leurs parents, responsables du séisme qui a secoué leur patrie n’ont rien fait pour faire évoluer les jeunes mentalités vers la Mauritanie d’avant 1989 afin de refermer la fracture que les dits parents avaient ouverte.

Les enfants ont donc grandi chacun dans le giron de sa race, sa tribu, sa région ou les orientations idéologiques au long de son cursus.

Je me rappelle que lorsque je passais à coté des écoles primaires, secondaires en 1989 et les années suivantes, je voyais des groupes distincts dans les cours de récréation :

Les petits mauritaniens maures dans un coin, les petits mauritaniens noirs du sud dans un coin ( je préfère appeler chacun comme je l’ai toujours fait, loin de la démagogie linguistique actuelle), les petits harratines dans un coin et les étrangers en bloc dans le leur ; lorsque j’ai vu cela et je le vois encore en partie en cet an de grâce 2016, je me suis inquiété et m’inquiète encore pour le présent et l’avenir de cette Mauritanie qui m’est plus chère que tout et chère à ma génération et à celles qui l’ont précédée.

Je me souviens, dans mon plus jeune âge, de l’arrivée à Kaédi des longues caravanes avec les dromadaires chargés de barres de sel gemme, de paniers tressés de feuilles de palmiers contenant des dattes, de sacs pleins de gomme arabique, bref, de tout ce qui était produit dans le nord du pays.

Ces nomades, après avoir déchargé leurs montures de leurs fardeaux au lieu de dépôt, s’éparpillaient par petits groupes dans les maisons de leurs concitoyens du fleuve chez leurs hôtes des années précédentes ou des recommandations d’adresses faites par ceux des leurs qui avaient déjà séjourné là ; certains logeaient dans la maison paternelle car la famille OULD MASSA y avait une boutique et c’est des années plus tard que j’ai su qu’il s’agissait d’Ida wali , car dans notre Mauritanie de l’époque nous ne nous préoccupions pas de la couleur de la peau ni de l’origine : on était Mauritanien et cela suffisait.

Le séjour se passait dans la confiance et l’amitié le temps de traiter leurs affaires avant de repartir ; ils appréciaient les soirées au clair de lune, les moustiques en moins, pendant que de loin en loin on entendait les sons de tam-tam qui troublaient le silence des temps de la moisson en cours.

Après quelques semaines et à la fin des récoltes, nos voisins du nord chargeaient leurs célèbres montures de mil, de mais, de haricots et autres céréales et aussi de produits des comptoirs de commerce de la place : tissus et autres étoffes, des sacs de sucre, des caisses de thé, et autres articles et au milieu des blatèrements qui nous faisaient peur, nous assistions au départ des longues files de méharis pour le point de regroupement hors de la ville pour former la grande caravane.

Et il flottait alors dans la cité un air de nostalgie…….

Beaucoup de nos concitoyens du nord sont installés dans la Chemama depuis des siècles et des tribus et des fractions ont des liens très forts avec les noirs du sud et des pactes d’assistance réciproque ont jalonné l’histoire et ces peuples mêlés qui partageaient « le même fusil « comme on dit en temps de guerre ; il y a eu aussi des liens matrimoniaux très forts entre les deux composantes nationales et si cela s’était multiplié et perpétué à travers le pays, beaucoup de faux problèmes n’auraient pas existé ; pour ma part je vous renvoie aux EHEL TEISS mon Honorable Famille pour vous confirmer cela et il y a beaucoup d’autres cas similaires.

Dans les mahadrah, dans les écoles, au collège et lycée et dans tous les établissements de l’époque, seule la fierté d’être Mauritanien tenait lieu de lien entre tous ; on ne se demandait pas d’où venait untel et ni la tribu, l’ethnie ou la région n’importaient et le vocabulaire de ces temps là n’était pas pollué par des termes EXCLUSIFS ou PEJORATIFS.

Et plus tard, dans l’Armée que j’ai intégrée, cette grande muette qui est la reine du nivellement sociétal, l’unité et l’esprit de corps bannissaient toute forme de discrimination.

Dans tous ces lieux, tous étaient dans les mêmes dortoirs (lit contre lit), devant les mêmes tableaux noirs en salles de cours, côte à côte dans les réfectoires, les espaces de sport, de loisirs et de culture.

De solides amitiés et fraternités sont nées là et perdurent encore.

Ce moule sain a permis de faire face aux défis auxquels un pays aussi fragile que le nôtre à sa naissance était confronté : adversité de la nature, dénuement en tout (le colon n’ayant rien fait ni rien laissé chez nous), construction d’un Etat et d’un pays à partir de ces riens, et plus tard la sécheresse et la guerre du Sahara, etc.

Et chacun de ces anciens a apporté sa pierre, si petite soit-elle, pour la construction nationale.

C’est ce même état d’esprit qui est l’apanage de la Mauritanie profonde, celle des populations liées depuis des siècles, celles là qui ont empêché l’éclatement du pays pendant les moments critiques, des années appelées années de braise 1986/1990 (loin des cadres et des idéologues de tous bords de NOUAKCHOTT et de leurs manœuvres), c’est cette masse de 95% qui doit être au début, au centre et à la fin des consultations ou du dialogue pour remettre la Mauritanie sur les rails de la paix sociale, de la paix des cœurs et du développement afin de créer enfin une Nation qui deviendra la Tribu et l’Ethnie de tous ses fils.

Cette façon de faire sera plus pérenne que de discuter avec 1% de la population (les cadres des Partis, les « intellectuels », les élus, etc.) qui ne débattra que d’élections, de CENI, de mandat, de majorité et d’opposition, points sur lesquels tous se focaliseront dans un Palais des Congrès bondé, sans mettre sur la table les problèmes de fond qui engagent le présent et l’avenir du pays

La pseudo démocratie imposée par le sommet de La Baule n’a fait qu’aggraver les situations de nos pays, car menée à marche forcée elle donne lieu à des élections à base raciale, ethnique, tribale ou régionale ou par l’achat de voix par les puissants, etc. et les hommes et femmes élus, élisent pour la plupart domicile à Nouakchott, réglant sporadiquement quelques cas de leurs électeurs de passage dans la capitale ou par téléphone, et ce, jusqu’aux échéances électorales suivantes.

Les intellectuels chez nous, depuis des décennies se terrent dans le silence quoiqu’il se passe et n’excellent que dans les poésies (il est vrai que nous sommes le pays aux millions de poètes), ou deviennent des acteurs politiques avec tout ce que cela comporte de compromission ou deviennent carriéristes dans les sphères de l’Etat.

Les intellectuels, en tous lieux et en tous temps ont été les «veilleurs » pour prévenir et contenir tout ce qui pouvait mettre en danger leurs nations et bravaient la prison, l’exil et parfois la mort pour défendre leurs idées.

Au lieu de faire la « politique de l’autruche », il faut que ceux qui peuvent (et doivent) faire que les Mauritaniens se retrouvent, dialoguent et mettent de côté tout ce qui peut les diviser (ce qui n’existe pas en réalité), et retenir tout ce qui unit (ce qui ne manque pas) à commencer par notre Saine Religion, que ceux-là donc qui sont responsables devant le Peuple et devant l’Histoire redonnent à ce pays admirable, envié par beaucoup et auquel le Tout-Puissant a tout donné, ressoudent la Nation Mauritanienne pour que tous ses fils vivent dans l’amitié, la fraternité, la justice et l’envie de vivre ensemble comme le faisaient et l’ont fait nos ancêtres dans une MAURITANIE UNE et INDIVISIBLE…. !

Colonel ATHIE HAMATH

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