[12/06/2020]    

3 questions à... Sokhna Ly, présidente de la Mutuelle des associations féminines d'épargne et de crédit en Mauritanie



Sokhna Ly est présidente fondatrice de la Mutuelle des associations féminines d’épargne et de crédit (Mafec), l’une des premières institutions de microfinance d’inspiration endogène. Cette mutuelle de plus d’un millier de membres s’est imposée depuis sa création comme un acteur central de la microfinance aux niveaux national et sous-régional.



Pouvez-vous nous parler de votre structure et de votre partenariat avec le projet Farim, mené par le Gret ?

La création de la Mutuelle des associations féminines d’épargne et de crédit remonte à 1994. La Mafec répondait alors à des besoins exprimés par un groupe de femmes confronté aux problèmes de sécurisation de l’épargne et d’accès au crédit, en s’appuyant sur un capital d’expériences issues des formes associatives traditionnelles. L’approche adoptée visait à se rapprocher de l’organisation interne des tontines et des autres associations traditionnelles afin de mobiliser l’épargne des femmes, de faciliter leur accès aux services financiers, de contribuer à leur éducation économique et financière, au renforcement de leurs capacités entrepreneuriales, et de promouvoir une micro-assurance féminine novatrice.

La Mafec a ainsi produit des changements dans les stratégies d’accès aux crédits. La fourniture des services financiers aux femmes, majoritairement exclues des circuits formels, a été une opportunité pour créer un cadre de mobilisation efficace de cette cible. Après une vingtaine d’années d’intervention, la mutuelle – étant à l’écoute de ses membres et client·e·s – a identifié d’autres besoins non financiers, parmi lesquels l’accès aux énergies de cuisson. C’est pour répondre à cet enjeu que la Mafec a mis en œuvre de nouveaux partenariats avec des acteurs intervenant dans le secteur de la promotion des solutions de cuisson propre. Le partenariat entre la Mafec et le projet Farim du Gret s’est donc noué en 2016, en ciblant notamment les foyers de cuisson améliorés Fayda.



Quelle importance ont les énergies de cuisson pour vous et pour la Mafec ?

Les énergies de cuisson occupent une place importante dans la vie quotidienne des femmes d’une manière générale, et plus particulièrement pour les femmes du Sahel. Les habitudes et pratiques culinaires exigent une durée de cuisson relativement longue en raison de la nature des aliments, mais aussi pour détruire les germes et parasites du milieu naturel. La taille des familles, la durée de préparation des principaux repas et le volume des combustibles utilisés sont des facteurs importants pour les énergies de cuisson. Selon la division des tâches au sein des foyers, la préparation des repas et toutes les opérations qui s’y rattachent relèvent encore essentiellement des femmes, et c’est pourquoi les énergies de cuisson les concernent directement. Pour les femmes membres de la mutuelle, soumises aux pressions multiples liées à la préparation des repas, aux coûts financiers des énergies de cuisson et aux risques sanitaires, la Mafec a intégré l’accès aux énergies de cuisson afin d’atténuer les effets économiques, sociaux et sanitaires qui y sont liés. Par ailleurs, la réduction du temps de cuisson et des dépenses en combustibles, ajoutée à la prévention des risques de maladies consécutives aux fumées, aux brûlures et autres effets néfastes sont considérables.

Pour la mutuelle, un accès des client·e·s à des énergies de cuisson qui garantissent une économie de temps, de ressources et un bon état de santé favorise une meilleure promotion des activités économiques féminines rentables, susceptibles de garantir sa viabilité financière et sociale de façon durable.





Quelles sont selon vous les mesures à prendre pour pérenniser la filière des fourneaux Fayda ?

Je pense qu’il faut dans un premier temps renforcer les compétences des artisans et producteurs pour fournir un produit de qualité et standardisé répondant aux besoins de celles et ceux qui utilisent le produit. Il me semble également central de coordonner tous les autres acteurs de la filière des énergies de cuisson pour mieux adapter l’offre à la demande, notamment via l’intégration des femmes dans le processus de conception des foyers, car elles en sont les principales utilisatrices.

De plus, l’utilisation des matières premières locales pour la fabrication des foyers, ainsi que le développement d’un service après-vente pour remplacer les pièces défaillantes devraient être mieux valorisés. Enfin, la capitalisation des expériences de tous les partenaires serait un moyen fort de faciliter la promotion des foyers améliorés à l’échelle nationale.

Pour conclure, rappelons que l’implication et l’appropriation de cette technologie par l’Etat sont un impératif pour la pérennisation de la filière.


Par Claire Labat
https://www.mediaterre.org

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