[10/01/2018]    

Arrestation à Londres d'un proche de Sarkozy, personnage-clé de l'enquête sur les fonds libyens



L'homme d'affaires français Alexandre Djouhri, au coeur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a été interpellé dimanche à Londres à la demande des juges qui envisagent des poursuites contre lui.

Cet intermédiaire financier, familier des réseaux de la droite française et des affaires politico-judiciaires, a été arrêté à l'aéroport d'Heathrow en vertu d'un mandat d'arrêt pour "fraude" et "blanchiment d'argent", a indiqué lundi la police londonienne dans un communiqué, confirmant une information de L'Obs.

A l'issue d'une audience lundi devant un tribunal londonien, il a été placé en garde à vue et comparaîtra à nouveau mercredi afin de fixer une date d'audience d'extradition vers la France où il risque une mise en examen dans l'enquête sur cette affaire libyenne qui menace l'ancien président français. Cette audience pourrait n'intervenir qu'à la mi-février, a indiqué un porte-parole du tribunal.

Agé de 58 ans, résident suisse, Alexandre Djouhri fait figure de personnage-clé de l'enquête ouverte à Paris depuis 2013 pour vérifier les accusations lancées deux ans plus tôt par l'ancien président libyen Mouammar Kadhafi et son fils Seif el-Islam, selon lesquelles Nicolas Sarkozy avait bénéficié de leurs fonds pour sa campagne de 2007.

Ce dernier a toujours fermement rejeté ces accusations et son entourage récuse que M. Djouhri figure parmi les proches de l'ancien chef d'Etat.

L'homme d'affaires, qui promettait aux juges d'intervenir en faveur de M. Sarkozy et dont le nom apparaît dans une transaction suspecte avec la Libye ainsi que dans l'exfiltration hors de France d'un personnage-clé du régime Kadhafi, s'est jusqu'à présent soustrait aux demandes de la justice et n'a ainsi pas répondu à la convocation des enquêteurs en septembre 2016.

A cette époque, après trois ans d'investigations, les juges d'instruction du pôle financier de Paris ne disposaient pas de preuves irréfutables d'un financement libyen, mais d'une série de témoignages et d'éléments troublants.

Parmi eux, la vente suspecte en 2009 d'une villa située à Mougins (Alpes-Maritimes), pour environ 10 millions d'euros, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, l'ancien grand argentier du régime de Kadhafi, évincé du pouvoir et tué en 2011.

Or les juges soupçonnent Alexandre Djouhri d'être le véritable propriétaire et vendeur de ce bien et de s'être entendu avec Bachir Saleh pour fixer un prix d'achat "très surévalué", selon les éléments de l'enquête rapportés à l'AFP.

Le parquet national financier avait alors étendu ses investigations à de possibles détournements de fonds commis à la faveur de cette vente, en lien avec l'affaire.

- 'Moi, je m'en fous' -

Les magistrats pensent aussi qu'Alexandre Djouhri a aidé M. Saleh à quitter la France, en jet privé via le Niger au printemps 2012, alors qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt dans son pays. Une exfiltration qui lui a permis de rejoindre ensuite l'Afrique du Sud.

Contacté par l'AFP, son avocat n'a pas donné suite.

Longtemps réputé proche du clan chiraquien, et notamment de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, Alexandre Djouhri s'est, au fil des années, rapproché des réseaux de Nicolas Sarkozy.

Dans une série de conversations interceptées par les enquêteurs, l'homme d'affaires avait promis de faire parvenir aux juges une lettre dans laquelle M. Saleh démentirait un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. En mars 2014, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Michel Gaudin, s'enquerrait, "à la demande du président", de la démarche dont on ignore encore aujourd'hui si elle a abouti.

D'après ces écoutes, M. Djouhri laissait entendre qu'une telle démarche ne serait peut-être pas "opportun(e)" en raison des élections municipales qui se tenaient alors en France, tout en ajoutant: "Moi, je m'en fous, posez-lui la question". Dans un coup de fil ultérieur, le même jour, Michel Gaudin précise: "J'ai eu le président, donc... pour lui pas de problème de calendrier, le plus tôt sera le mieux, hein?"

Selon le Canard enchaîné, l'homme d'affaires d'origine algérienne était présent à une réception à l'ambassade de France à Alger en présence du président Emmanuel Macron, le 6 décembre
AFP

CULTURE

POLITIQUE

SOCIETE

ECONOMIE

SPORT

Image
Festival de Cannes : trois films pour porter le flambeau africain
Image
Migrants: la demande italienne est un "chemin vers l'enfer", selon le Premier ministre tchèque
Image
Ganbanaaxu fedde : Procès et projets de réformes coutumières
Image
Le Groupe de la Banque mondiale se dote d’un nouveau cadre de partenariat avec la Mauritanie
Image
Henri Camara : "Limoger Aliou Cissé serait…"

INTERVIEWS

Image
G5 Sahel - Hanena Ould Sidi : « Nos priorités sont toutes les frontières »

Image
Mauritanie : «Nous avons quitté le Franc CFA et nous ne le regrettons pas » (Gouverneur de la Banque Centrale)

Image
Interview exclusive avec Hamed Diane Séméga, haut commissaire de l’OMVS

Image
Karine Bonneau (FIDH): «La libération de Jean-Pierre Bemba, ex-vice-président congolais, est envisageable, mais...»

Image
Le président angolais João Lourenço: accordons «le bénéfice du doute» à Kabila

Image
Burkina-Taïwan : « Il est très difficile pour un pays africain de résister à la pression chinoise »


FAITS DIVERS

Image

Italie : Une mafia sénégalaise démantelée

Image

Un mystérieux assassinat résolu grâce au concours d’un opérateur téléphonique

Image

Dafort: Un crocodile interrompt la pêche et fait des blessés

Image

Elle ferme ses prisons par manque de prisonniers

Image

Avis de recherche : il s’appelle Oumar Séga Touré et a disparu depuis trois jours

Copyright © 2014 La Nouvelle Expression. Tous droits réservés.