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La Nouvelle Expression : En tant que participant venu de Mauritanie, quelles sont vos premières impressions sur cette 3? édition de la Journée internationale de la langue soninké (JILSO) à Paris ?
Salou Thiam, président des Jeunes Bijoutiers Internationaux :
Mes premières impressions sont à la fois très positives et constructives. Je suis particulièrement heureux de constater la mobilisation et le nombre important de participants réunis à Paris pour cette 3? édition de la JILSO.
En tant que participant venu de Mauritanie, je suis fier d’être ici pour représenter mon pays, notre culture et notre savoir-faire artisanal. Voir la langue soninké réunir des personnes venues de différents pays, au cœur de Paris, suscite en moi un profond sentiment de fierté et d’appartenance. Cela montre que notre langue et notre culture dépassent largement les frontières.
Je relève néanmoins quelques insuffisances dans l’organisation, notamment en ce qui concerne l’accueil et l’implication des participants venus de l’étranger. Je pense notamment aux représentants de Wagadou Sanne, qui auraient mérité, à mon avis, d’être davantage associés et pris en considération dans certaines activités.
Je le dis dans un esprit constructif, car cette journée constitue une formidable occasion de valoriser notre langue et notre culture. Pour les prochaines éditions, il serait souhaitable de mieux intégrer les différentes délégations venues de l’étranger afin que chacun puisse pleinement apporter sa contribution.
Je tiens malgré tout à saluer les organisateurs et toutes les personnes qui se sont mobilisées pour faire vivre la langue et la culture soninké à Paris.
La Nouvelle Expression : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans l’organisation et la mobilisation autour de cette célébration de la langue et de la culture soninké ?
Salou Thiam :
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la mobilisation des différentes générations et la volonté manifeste de faire vivre la langue soninké dans un contexte international.
J’ai également apprécié la diversité des participants ainsi que la richesse des échanges autour de la culture, de l’éducation, de la transmission et de l’avenir de notre communauté.
Cette mobilisation montre qu’il existe une véritable volonté collective de préserver notre identité, tout en l’adaptant aux réalités et aux exigences du monde actuel.
La Nouvelle Expression : Selon vous, quel rôle la jeunesse doit-elle jouer dans la sauvegarde, la transmission et la modernisation de la langue soninké ?
Salou Thiam :
La jeunesse doit être au cœur de cette mission. Elle doit apprendre la langue, la parler dans la vie quotidienne et surtout la transmettre aux générations futures.
Mais elle doit également s’approprier les outils modernes : les réseaux sociaux, les vidéos, les applications, les plateformes numériques et les contenus éducatifs en soninké.
Notre objectif ne doit donc pas être uniquement de conserver la langue, mais aussi de lui donner une véritable place dans le monde moderne. Une langue qui ne s’adapte pas aux nouveaux usages risque de perdre progressivement sa place auprès des jeunes.
La Nouvelle Expression : En tant que président des Jeunes Bijoutiers Internationaux, quelle place l’artisanat soninké, notamment la bijouterie traditionnelle, doit-il occuper dans la valorisation et la transmission de notre patrimoine culturel auprès des jeunes ?
Salou Thiam :
L’artisanat occupe une place essentielle dans notre patrimoine. La bijouterie traditionnelle soninké ne représente pas seulement un métier : elle porte une histoire, un savoir-faire, des symboles et une identité culturelle.
Nous devons encourager les jeunes à apprendre ces techniques, mais également à les moderniser et à les faire connaître au niveau national et international.
En tant que Jeunes Bijoutiers Internationaux, nous voulons contribuer à cette transmission en créant un lien entre tradition, formation, innovation et entrepreneuriat. Il faut permettre à nos jeunes de considérer l’artisanat non seulement comme un héritage culturel, mais aussi comme une véritable opportunité économique et professionnelle.
La Nouvelle Expression : Après votre participation à la JILSO 2026, quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes Soninkés de Mauritanie et de la diaspora concernant l’avenir de leur langue, de leur culture et de leur patrimoine ?
Salou Thiam :
Mon message aux jeunes Soninkés de Mauritanie et de la diaspora est simple : ne laissons jamais notre patrimoine disparaître.
Apprenons notre langue, respectons notre culture et transmettons nos connaissances à nos enfants. Mais surtout, ne considérons pas notre tradition comme quelque chose qui appartient uniquement au passé.
Nous pouvons être fiers de notre identité tout en étant ouverts à l’innovation, à la technologie et au monde. Il faut être capable de préserver ce qui fait notre identité tout en construisant l’avenir.
L’avenir de la langue et de la culture soninké dépend largement de notre capacité, en tant que jeunes, à les faire vivre, à les moderniser et à les transmettre avec fierté aux générations qui viennent.Cette version garde notamment la remarque critique sur l’organisation et Wagadou Sanne, mais elle est formulée de manière suffisamment constructive pour éviter que l’entretien ne bascule dans le règlement de comptes.
Propos recueillis
par Camara Seydi Moussa