[02/10/2026]    

DANS CHAQUE PAYS AFRICAIN : LA CONTRADICTION PRINCIPALE DU MOMENT OPPOSE NÉOCOLONIALISME ET SOUVERAINISME PANAFRICAIN




L’histoire a joué un tour à la gauche historique communiste des néo-colonies africaines. Elles ont été les forces politiques qui ont dirigé les luttes des conquêtes démocratiques et sociales dans chacun de nos pays mais leur tactique de « large rassemblement » a été dévoyée en « faiseurs électoraux de rois » des bourgeois bureaucratiques libéraux néocoloniaux.

De tactique le « large rassemblement » au Sénégal est devenu stratégique

Comme souvent le PAI/PIT a été le premier à théoriser le « large rassemblement » d’abord avec le communiste Seydou Cissokho puis avec le quatuor Amath Dansokho, Maguette Thiam, Sémou Pathé Gueye, Ibrahima Sène. Ne connaissant aucun texte de Seydou Cissokho appelant à élargir systématiquement le « large rassemblement » aux partis bourgeois néocoloniaux et ayant étudié les textes des quatre autres après le décès du premier appelant à ce type d’alliance, l’équipe du journal communiste Ferñent a opposé, dès le départ, la tactique du rassemblement des forces de gauche communiste d’abord au delà de nos divergences idéologiques d’alors condition sine qua non de toute tactique d’alliance avec des partis bourgeois.

Les divergences idéologiques d’alors portaient moins sur l’analyse concrète de notre société et nos classes laborieuses du Sénégal que sur les divergences entre l’URSS et la Chine, puis l’Albanie.

Le secteur syndical fut un temps le seul espace d’unité d’action stratégique entre les militants des partis de la gauche communiste – PAI, PIT, LD, AJ, RTA-S – sur la base de « l’autonomisme syndicale » opposée à la « participation responsable » avec le pouvoir autocratique PS. Cette unité d’action fut ensuite sabordée par les scissions syndicales entre « chapelles marxistes » qui ont donné deux centrales syndicales : UNSAS et CSA opposées à la CNTS.

Intégrés par le « multipartisme intégral » au système électoraliste néocolonial, les gauches communistes ont progressivement été vassalisés par le « parti libéral de contribution » suite à la défaite du camp socialiste d’Europe et la restauration du capitalisme en URSS dans les années 89/91. PIT puis LD suivirent le PDS au « gouvernement d’unité nationale » du PS.

Le parti maoïste, AJ, résista un moment dans cette période aux sirènes de l’entrisme et du suivisme vis-à-vis du PDS libéral avant d’y sombrer à son tour à partir de 1993. Le RTA-S lui fut emporté par la vague entriste dans le pouvoir de la bourgeoisie bureaucratique néocoloniale d’État à partir de 2000.

Dans ce processus de déliquescence et de décadence opportuniste, des gauches communistes entrèrent en résistance.



La lutte des places aux gouvernements néocoloniaux à la place de la lutte des classes

La conquête démocratique qui mit fin à 40 ans de pouvoirs PS par la première alternance résulte des principaux facteurs suivants :

- l’accumulation des expériences de luttes démocratiques populaires contre les fraudes électorales, notamment lors des élections de 78, 83, 88, 93 ;

- la dévaluation du franc colonial CFA aboutissement des plans d’ajustement libéraux austéritaires du FMI et BM depuis 1979 et ses conséquences socialement dévastatrices ;

- les grandes luttes syndicales qui en sont les conséquences des années 90/2000 ;

- le ras le bol de 40 ans de pouvoir PS qui n’avait plus rien à offrir que la misère ;

- les divisions internes au PS qui ont produit l’AFP et l’URD ;

- la coalition de tous les partis au second tour pour chasser A. Diouf et le PS du pouvoir ;

- la tactique de l’impérialisme françafricain dirigé par le PS français d’initier « les conférences nationales » pour restructurer sa mainmise sur son enclos africain des zones CFA dans le cadre de l’extension mondialisée de l’hégémonie de l’impérialisme US allié à l’UE.

PIT, LD, AJ, qui s’étaient inféodés dès le premier tour au PDS, ont été aspirés dans le gouvernement PDS sans accord programmatique autre qu’en finir avec le PS. Commença alors la pitoyable lutte des places pendant que le président libéral à la façon mafieuse distribuait à tour de bras l’argent du contribuable.

La première alternance néocoloniale libérale « dafa yakh djoko yi », ce que la seconde alternance néocoloniale libérale n’a fait qu’amplifier tout en discréditant aux yeux du peuple, plus particulièrement de la jeunesse, l’ex-gauche révolutionnaire dont pourtant plusieurs militants ont fait le sacrifice suprême sur l’autel des conquêtes démocratiques et sociales de notre cher pays. Cette ex-gauche, partis et leaders, a TOTALEMENT transité au service du néocolonialisme. Elle est indigne de la mémoire de nos héros et martyrs communistes révolutionnaires.



L’alternative souverainiste aux alternances néocoloniales libérales

La nature a horreur du vide dit l’adage, la jeunesse intellectuelle, celle des cadres des impôts et d’autres hauts fonctionnaires et des cadres de la diaspora ne supportant plus la mal-gouvernance faite de népotisme, de gabegie, de corruption, de vassalisation volontaire à l’impérialisme se sont levés à partir de 2014 pour enclencher un processus de lutte pour une alternative souverainiste et de bonne gouvernance aux deux alternances néocoloniales libérales et de refondation politique qui a donné PASTEF.

Le sort mortifère subi par la jeunesse par l’émigration piroguière et de la traversée du désert est une motivation principale dans l’actuelle rébellion souverainiste pour le Jub, Jubbal, Jubbanti.

Bien entendu, les leaders et partis de l’ex-gauche aplatis et abrutis par le néocolonialisme n’ont qu’un seul programme : l’obsession anti-président légitime empêché par leur autocratie APR/BBY liberticide d’être candidat au prix de près d’une centaine de morts, de torturés et de milliers d’emprisonnés.

L’actuelle prise de guerre du néocolonialisme françafricain qu’est le président légal élu à 54 % parce que « Diomaye mooy Sonko » est un recul momentané du processus historique de libération nationale en terre africaine du Sénégal.

La cohabitation entre pouvoir Exécutif néocolonial et pouvoir Législatif souverainiste est une expérience inédite complexe par laquelle passe la reconquête électorale souverainiste.

Il faut éviter de tomber dans les pièges des provocations de l’Exécutif de plus en plus recroquevillé sur le présidentialisme institutionnel avec l’objectif de provoquer une crise institutionnelle prétexte à une répression dont l’objectif est et sera d’empêcher à nouveau par tous les moyens la candidature du président légitime pour 2029.

Attendons nous, malheureusement, au pire, mais préparons nous à gagner au bout parce qu’on aura tiré toutes les leçons des erreurs qui ont été commises.

L’idéologie du « pragmatisme » adossé à la « technocratie » tout comme l’idéologie libérale ne peuvent pas forger l’anti-système néocolonial. La « croyance en une victoire facile » dénoncée par Amilcar Cabral et la confusion entre victoire électorale et libération nationale se sont révélées momentanément fatales après la résistance victorieuse de 2024. Le maintien du présidentialisme en lieu et place du régime parlementaire a facilité le nomadisme présidentiel vers le néocolonialisme.

Mais rien n’est définitivement perdu ou gagné, la bataille à venir sera décisive.

Les résistants de la gauche communiste historique ont, dès 2017, accompagné la rébellion souverainiste de la jeunesse intellectuelle de notre pays et doivent maintenant mettre en service leur expérience et faire converger leur apport dispersé aux forces libératrices progressistes. L’association de la détermination enthousiasmante du don de soi pour la patrie de la jeunesse et de l’expérience militante des résistants de la gauche révolutionnaire communiste est une des clefs pour vaincre l’adversité à venir.

Les responsables politiques de la jeunesse en rébellion ont manqué de cette expérience des révolutionnaires de la génération précédente dans l’héroïque résistance à l’autocratie néocoloniale libérale dont l’actuel président légal fait la honteuse promotion inutile au Secrétariat général de l’ONU.

La contradiction principale est entre le néocolonialisme et le souverainisme panafricain. Quiconque ignore celle-ci pour lui substituer des contradictions secondaires dont les résolutions sont impossibles sans la résolution de la principale est un charlatan ou un manipulateur. Ce piège attrape-nigaud est nul et non avenu.

Le seul souci important est : comment faire pour que dans le processus de libération nationale, les 80 % d’ouvriers, de travailleurs de l’informel tués pendant la résistance aient perdu la vie sans que justice leur soit rendue. Ces martyrs des classes laborieuses doivent être représentés politiquement dans le processus de libération panafricaine. Or, c’est là que se situe l’exigence de l’unité d’action des gauches communistes dans le camp souverainiste contre le camp néocolonial. L’existence de pays rescapés du camp socialiste – Chine, Corée du Nord, Vietnam, Cuba – rend de plus en plus crédible l’idée socialiste communiste.

L’évolution géopolitique mondiale allant vers la fin de l’hégémonie impérialiste fasciste US/UE/G7/Israël est d’un apport certain pour la libération anti-néocoloniale de chaque pays africain, dont le nôtre, étape vers l’union libre des peuples libres d’Afrique comme le montre la formidable résistance de la Confédération de l’AES à la guerre des l’OTAN par djihado-terroriste interposés pour la recolonisation.

02/10/26
Diagne Fodé Roland

CULTURE

POLITIQUE

SOCIETE

ECONOMIE

SPORT

Image
JILSO 2026 : Paris au rythme de la langue soninké

Image
Le premier ministre : « l’exécution la première phase du programme d’urgence en matière de développement du Hodh El Gharbi a dépassé les 70% »
Image
Mamadou Moustapha Bâ sur la cartographie des champs agricoles
Image
Transferts, blogueurs et vindicte d’État en Mauritanie : anatomie technique d’une instrumentalisation judiciaire. Par Pr ELY Mustapha



Image
Ousmane Dembélé donne son avis sur la course au Ballon d'or : "Kvara, Kane, Mbappé dans le désordre, c'est mon top 3"