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Le Rassemblement national pour la réforme et le développement (Tawassoul) a lancé son programme de rentrée politique sous le signe des « trois non » : non à la corruption, non aux restrictions et aux atteintes aux libertés, et non à un troisième mandat présidentiel.
L’annonce a été faite lors d’une rencontre organisée au siège central du parti à Nouakchott, en présence des responsables des fédérations des trois wilayas de la capitale, de membres du bureau politique et du conseil de la choura, ainsi que de représentants des organisations des femmes et des jeunes du parti. Les responsables des fédérations de l’intérieur du pays ont également suivi la rencontre à distance, par l’intermédiaire de plateformes numériques.
La cérémonie a débuté par une lecture du Coran, suivie de la présentation du programme de la soirée par le modérateur, le Dr Mohamed Lemine Ould Chouaib.
Prenant la parole, le président du conseil de la choura, l’ingénieur Hamdi Ould Brahim, a remercié la commission préparatoire pour les efforts déployés dans l’organisation de cette rencontre. Il a exhorté les militants à se mobiliser pleinement pour assurer la réussite du programme de rentrée politique.
La secrétaire générale du parti, Mme Aminata Niang, a ensuite développé les enjeux des « trois non », en évoquant les conséquences de la corruption, des restrictions des libertés et des tentatives de remise en cause de la limitation des mandats présidentiels.
Les différentes interventions ont également abordé la cherté de la vie, le chômage et la dégradation des services de base, notamment dans les domaines de l’électricité, de l’eau et des infrastructures routières.
Dans son discours d’ouverture, le président du parti, le Dr Hamadi Ould Sidi El Moctar, a réaffirmé l’opposition de Tawassoul à toute remise en cause des dispositions constitutionnelles relatives à la limitation des mandats présidentiels. Il a déclaré : « Les détenteurs du pouvoir et les partisans des mandats doivent comprendre que la Constitution et les dispositions relatives à la présidence sont un acquis national, fruit de longues luttes du peuple, et que parler d’un troisième mandat constitue un recul manifeste ainsi qu’une menace pour la stabilité et pour les acquis démocratiques. »
Abordant la situation sociale, le président de Tawassoul a estimé que les citoyens subissent une pression croissante liée à la hausse des prix, à la baisse du pouvoir d’achat et à l’aggravation du chômage. Il a également dénoncé les coupures récurrentes d’électricité et d’eau, ainsi que la détérioration des infrastructures routières. Il a, par ailleurs, averti que le déficit pluviométrique pourrait entraîner une crise alimentaire et des difficultés pour le cheptel.
Selon lui, cette situation s’accompagne de restrictions manifestes des libertés et de velléités de modification de la Constitution susceptibles de remettre en cause les acquis démocratiques.
Le Dr Hamadi Ould Sidi El Moctar a également accusé le gouvernement de ne pas avoir apporté une réponse suffisante aux répercussions de la crise mondiale liée à la guerre au Moyen-Orient et à la crise énergétique. Il a estimé que les citoyens en supportent le poids sans bénéficier des mesures de protection nécessaires.
À cet égard, il a appelé le gouvernement à suspendre les projets non urgents, à réduire les dépenses et à rationaliser l’utilisation des ressources publiques afin de donner la priorité aux mesures destinées à atténuer les effets de la crise sur les populations.
Il a aussi demandé un renforcement du contrôle des marchés, affirmant que les plafonds de prix annoncés par le gouvernement ne sont pas respectés et que les prix de certains produits de consommation de base ont doublé.
Le président de Tawassoul a assuré que son parti poursuivra la défense des citoyens et continuera à relayer leurs préoccupations au Parlement, lors des meetings et sur toutes les tribunes. Il a appelé le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour soulager les populations ou à céder la responsabilité à ceux qui seraient capables de l’assumer.
Enfin, évoquant l’annonce du prochain lancement du dialogue politique, il a souligné la nécessité pour Tawassoul de préparer ses documents, de préciser ses propositions et de mobiliser ses cadres afin de définir les priorités du parti pour les discussions à venir.
Dans le cadre de cette rentrée politique, la commission prévoit d’organiser plusieurs activités, aussi bien à Nouakchott qu’à l’intérieur du pays. Au programme figurent notamment des sit-in, des rencontres au niveau des sections du parti, ainsi que des actions de proximité dans les marchés et les espaces publics pour expliquer les « trois non ».
Trois ateliers de débat sont également prévus autour du dialogue, de la situation des jeunes et de celle des femmes. Cette rentrée politique sera clôturée par un meeting populaire à Nouakchott, au cours duquel le parti développera les positions et les revendications portées par les « trois non ».
Commission de communication de la rentrée politique