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Sous le haut patronage du président Mohamed Cheikh El Ghazouani, du 29 au 31 octobre, Nouakchott accueillera le premier Forum des communautés mauritaniennes de l’étranger. Derrière ce rendez-vous inédit, il y a surtout une démarche : celle d’un ministère qui veut enfin passer du discours sur la diaspora à une politique construite avec elle. Il faut le reconnaître : Mohamed Salem Ould Merzoug a placé ce dossier parmi les chantiers visibles de son département. Et il ne s’est pas contenté d’annoncer un forum depuis Nouakchott.
Pour préparer cette première rencontre nationale, le ministère des Affaires étrangères a engagé une véritable démarche de proximité avec les Mauritaniens établis à l’étranger. Des missions ont été envoyées à la rencontre des communautés, dans plusieurs pays et sur quatre continents. La consultation annoncée en août avait concerné 22 pays, tandis que le ministre a précisé, le 16 septembre, que les tournées de contact et de consultation avaient finalement couvert 28 pays.
Cette différence de périmètre n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est la méthode : aller écouter avant de réunir. C'est là que se trouve l'originalité du travail engagé par Mohamed Salem Ould Merzoug. La diaspora n'est plus considérée uniquement comme une communauté à protéger ou comme une source de transferts financiers. Le ministère veut désormais l'aborder comme un réservoir de compétences, d'expériences, de capitaux et de réseaux pouvant participer directement au développement national.
Le changement est également institutionnel. Le ministre a rappelé que le secteur des Mauritaniens de l'extérieur a été intégré dans la dénomination même du ministère et qu'une administration spécialisée a été créée pour suivre leurs dossiers. Il a également évoqué la modification de la loi sur la nationalité permettant la conservation de la nationalité d'origine, ainsi que la possibilité pour les Mauritaniens de l'extérieur d'élire directement leurs représentants à l'Assemblée nationale.
Et le chantier ne s'arrête pas au forum.
En juillet, le ministre a lancé un bouquet de services numériques comprenant notamment une plateforme consulaire et une plateforme dédiée aux communautés et aux compétences mauritaniennes de l'étranger. L'objectif affiché est de réduire les déplacements, simplifier les procédures et rapprocher l'administration des citoyens vivant hors du pays.
C'est donc une politique qui commence à prendre forme : écouter, organiser, numériser, coordonner et surtout essayer de transformer les doléances en mécanismes durables.
Le forum d'octobre devra désormais franchir une étape supplémentaire. Car Mohamed Salem Ould Merzoug a lui-même fixé l'ambition : ne plus traiter les problèmes des communautés uniquement au cas par cas, mais rechercher des solutions institutionnelles et durables. C'est précisément là que se mesurera la portée de son initiative.
Les Mauritaniens de l'extérieur ne demandent pas seulement qu'on les écoute. Ils veulent savoir ce que leur parole produit. Ils veulent des consulats plus efficaces, des procédures plus simples, une meilleure protection, mais aussi des mécanismes qui permettent à leurs compétences et à leurs investissements de participer réellement au développement du pays.
Le mérite du ministre, à ce stade, est d'avoir ouvert le chantier et d'avoir choisi une méthode : aller vers la diaspora avant de lui demander de venir à Nouakchott. Le forum des 29, 30 et 31 octobre sera donc un rendez-vous important. Mais il sera surtout le premier véritable test de cette nouvelle politique. Si les consultations débouchent sur des décisions, des mécanismes de suivi et des résultats concrets, Mohamed Salem Ould Merzoug pourra revendiquer d'avoir fait plus qu'organiser un forum : il aura contribué à installer une nouvelle relation entre l'État mauritanien et ses citoyens de l'extérieur.
Et cette relation, pour être durable, devra survivre aux trois journées d'octobre.Cette version valorise nettement l'action du ministre, mais en restant sur des éléments documentés plutôt que sur des qualificatifs. Elle permet aussi de garder votre marque : reconnaître ce qui est fait, puis poser immédiatement la question de ce qui devra être fait après le forum.