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Le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire et le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation ont signé de la main de leurs Secrétaires Généraux, le 25 Septembre 2026, une Circulaire adressée aux Walis et dont l’objet est la « Cartographie du Recensement Général de l’Agriculture ». Cette Circulaire précise que « Parmi les phases préparatoires de ce recensement figure (sic !!!) les travaux cartographie qui constitue une étape importante pour identifier et géolocaliser l’ensemble des exploitations agricoles par typologie de culture ».
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette Circulaire… qui circule, crée l’émoi dans les rangs de « ceux qui, ayant été mordus par un serpent, craignent une corde » (pour ne pas dire « chat échaudé craint l’eau froide » - l’agriculture étant, après tout, une question d’eau). On se pose des questions, on suppute, on s’interroge, on interprète car cette Circulaire, pas assez claire, est réellement sujet à interprétations : quelle signification peut-on donner à « exploitations agricoles par typologie de culture » ? S’agit-il des coopératives ? Des champs ? Des concessions ? Le maraîcher ? Un jardin de « nana (menthe) de Boghé » est-il une exploitation agricole ? Ce recensement, au niveau de la Vallée, concerne-t-il le Waalo uniquement ? Quid du Diéri ?
En attendant que toutes ces questions trouvent réponse, l’exception qui dit que les wilayas de Dakhlet-Nouadhibou, Tiris Zemmour, Inchiri et Nouakchott ne sont pas concernées, renforce l’appréhension de certains que l’Etat a une idée derrière la tête.
Quoi qu’il en soit, la question foncière en Mauritanie – notamment dans la Vallée – a besoin d’être revue à l’aune des injustices subies par les ressortissants de cette région pendant les années de braise. Cette question est telle que des mesurettes ne sauraient suffire là où une réforme en profondeur est nécessaire : réforme de l’ordonnance n°83.127 ainsi que son décret d’application n°2010-080 ; à commencer par l’article 3 de cette Ordonnance, qui a aboli le système de la tenure traditionnelle des terres, sans que le formalisme du texte n’épouse la réalité sur le terrain.
On a beau faire obligation de rattacher la propriété à des personnes physiques ou morales mais les choses sont compliquées ; d’autant plus compliquées que les terres de la Vallée qui sont des « joowé » (terres communes héritées des ancêtres) ne sont pas susceptibles de partage ; ces terres étant assimilées à des territoires, des noms, des lignées pour ne pas dire des identités (en tant qu’êtres) des propriétaires. Et ce n’est pas là le plus simple des problèmes : l’immatriculation étant l’autre chemin de croix.
Enfin, l’Etat mauritanien – qui avait expérimentée dans les années 80-90 – la politique de dépeuplement de la Vallée, s’était accaparé des terres des autochtones pour les donner à d’autres citoyens ; mais en déshabillant « Paul » pour habiller « Pierre », il a créé une situation qui n’a pas finie d’être résolue.
La problématique des terres dans la Vallée – plus qu’ailleurs – a besoin d’une réforme foncière en profondeur pour une meilleure exploitation qui préserve les droits des propriétaires authentiques, réitère les garanties de l’Etat et encourage les potentiels investisseurs.
Toute démarche qui va à l’encontre des réalités ne ferait que générer conflits et ressentiments.
Rachid LY