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4 février 2026, mon téléphone sonne aux environs de 4h30, après un appel Facetime vers 3h du matin. C’était pour m’annoncer la terrible nouvelle de la disparition du Dr Kamara Dramane ; annonce faite par un cousin avec qui j’étais dans la journée au Centre National des Spécialités (hôpital Dia) avec une voix grave : « Bah Sadio vient de partir ». Cette phrase continue à me faire pleurer encore. Papa Dramane est parti à jamais, me laissant avec un vide immense dans le cœur.
Ce regard perçant dans un sourire avenant, comme pour dire à son prochain « Sois tranquille, j’ai la solution à ton problème », a disparu à jamais. Ce sourire qui rassure, désarme et calme l’esprit de tout interlocuteur s’est éteint pour toujours, laissant derrière lui un silence assourdissant. Un papa qu'on pleure encore, dont l'absence creuse un vide immense dans nos cœurs et dans nos luttes, était un support moral incommensurable.
Un homme entier, véridique et d'une simplicité légendaire, qui a marqué nos vies de son empreinte indélébile. Il a été pour nous un modèle de courage, de résistance et de solidarité, un exemple de fidélité dans l’amitié et de l'engagement pour la justice et la liberté. Brillant esprit, il a toujours dit vrai, même quand la vérité était amère, même quand elle allait à l'encontre de ses propres intérêts.
Il a été un phare dans les moments de doute, un guide pour les jeunes générations qui cherchent à faire entendre leur voix. Papa Dramane Kamara (Sadio Singallé), comme on l'appelait avec affection, était un pont entre les générations, un lien entre le passé et l'avenir, un démocrate dans toute la manifestation réelle du concept. Il a vécu pour les autres, pour les opprimés, pour les sans-voix.
Son credo était la transparence en toute circonstance et dans toute chose. Il a su transmettre ses valeurs, son savoir et son expérience avec générosité et humilité, pour que nous puissions continuer à bâtir un monde meilleur. Mais il est parti sans prévenir, nous laissant avec un héritage lourd à porter.
Papa Sadio ou Dramane était pour moi une source d'inspiration en tant que journaliste-militant, mais aussi l'homme avec qui je débattais sans ambages mes écrits. Papa, tu es parti, me laissant dans la souffrance ; une souffrance que le larmoiement de mes yeux qui refusent de cesser ne peut guérir. Tu étais mon premier lecteur, mon admirateur, mon correcteur, mon ami...
Heureusement que j'ai perdu le goût de l'écriture depuis quelques temps, et comme tu n'es plus là, qui va m'appeler pour apporter une appréciation sur mes sorties ou me dire « Seydi ! Pourquoi ta plume devient de plus en plus rare ? ». Oh, la mort... ! Mais jamais je ne t'oublierai.
Le bon et le meilleur était en toi. Pour ton difficile héritage, je prends ma plume pour écrire ces modestes lignes pour te rendre hommage et penser réellement à reprendre ma plus pour servir les sans-voix, les laissés-pour-compte... pour la Mauritanie que tu as tant aimée, pour la Mauritanie à qui tu as tout donné.
Papa, ce dimanche 15 mars 2026, nous nous sommes réunis pour la séance traditionnelle du 40ème jour de votre départ – je n’ai pu franchir le seuil du salon car ton image était là devant moi - et cela moins d’une semaine après l’organisation de celle de ton ami Touré Mamadou, l’autre icône de la transparence, de la vérité et de la lutte contre l’injustice. Vous avez été ces deux êtres spéciaux mais aussi ces deux amis que même la mort n’a pas accepté de séparer. Vous vous êtes choisis en amitié, une amitié bénie car Dieu vous a emportés ensemble, qu’Il vous réserve une place de choix au paradis.
Bah Sadio ! Ta générosité, ta sagesse et ton amour inconditionnel nous manquent chaque jour un peu plus, mais ton héritage continue de nous inspirer et de nous guider. Tu as lutté pour les droits des opprimés, pour la dignité des peuples et pour un monde plus juste et plus équitable. Ton combat continue, et nous sommes là pour le poursuivre.
Aujourd'hui, au-delà des prières et du recueillement, nous nous réunissons pour célébrer ta vie, ton œuvre, ton esprit de résistance. Toi, le guerrier. Nous nous engageons à continuer ton combat pour un monde meilleur, où la justice, la paix et la fraternité règnent.
Repose en paix, papa. Tu étais l'expression radicale d'un homme courageux. Ton héritage vivra éternellement dans nos cœurs et dans nos luttes.
Que tes enfants et ma tante, mais aussi tes amis, trouvent ici mes sentiments sincères de compassion et de soutien. Paix à ton âme. Paix aux âmes de tous ces esprits encyclopédiques, vifs et alertes que j’ai perdus ces dernières années, mes véritables héros et sources d’Inspiration : Camara Moussa (mon père), SY Adama (mon beau-père), Modi Mohamed Camara, mon philosophe, Boubacar Messaoud (mon tonton d’engagement militant), pour ne citer que ceux-là. J'ai beaucoup perdu et je suis triste
Camara Seydi Moussa