Copyright © 2025
![]() |
Deux postes électriques de Nouakchott prennent feu à un jour d’intervalle. La capitale vacille, des quartiers entiers sont plongés dans le noir. Quelques semaines plus tard, un rapport de l’Organisation pour la Transparence Inclusive (OTI) vient poser une question simple, mais lourde : que s’est-il réellement passé ?
L’OTI concentre ses investigations sur les câbles moyenne tension récemment installés dans les deux postes et fournis, installés et raccordés par CTM Bâtiment. Des sources techniques citées dans le rapport évoquent une possible non-conformité des câbles ou des erreurs lors de leur raccordement. Un responsable de la SOMELEC aurait également identifié, sur des vidéos, les coffrets récemment raccordés comme étant à l’origine des premières fumées.
Mais le plus troublant n’est peut-être pas là.
L’OTI conteste surtout l’expérience technique de l’entreprise au regard des exigences du marché. Elle relève également qu’un autre marché de 819 millions d’ouguiyas lui aurait été attribué alors que quatre offres étaient moins élevées, avant que cette attribution provisoire ne soit annulée pour défaut d’éligibilité.
Plus grave encore : un chantier annoncé pour quatre mois aurait finalement duré vingt mois, sans qu’aucune sanction ne soit, selon l’OTI, appliquée. Et malgré cela, l’entreprise aurait obtenu par la suite plusieurs nouveaux marchés importants auprès de la SOMELEC.
Le rapport soulève enfin la question sensible du lien présumé entre l’entreprise et un député, au regard des règles d’incompatibilité parlementaire.
Alors, simple défaillance technique, négligence dans l’attribution des marchés ou autre chose ?
L’OTI ne tranche pas. Elle demande des expertises, l’analyse des vidéos et la vérification des qualifications de ceux qui ont installé les câbles.
La balle est désormais dans le camp de la commission d’enquête.
Car lorsque les marchés publics touchent à l’électricité, ce ne sont pas seulement des câbles qui sont en jeu. C’est l’argent public, la sécurité des citoyens et la crédibilité de l’État.
Elhadj S T