[19/05/2022]    

Les Soninkés sont-ils prêts à faire la paix?/ Seyré SIDIBE



La paix!

Le mot est désormais galvaudé, il est répété, chanté et crié sans conviction. Il est plutôt sur les lèvres et toutes les lèvres. Il est omniprésent sur les réseaux sociaux et cristallise tous les débats, sans conviction véritable et sans sincérité. La paix est d'abord stratégique, elle est celle des grands esprits et s'accommode mal avec l'orgueil. Elle suppose des concessions, des réajustements et même dans une certaine mesure la rupture. Or, la rupture n'est pas sans douleur, même lorsqu'elle est opérée de manière soft, à fortiori, si elle est harde. En effet, elle implique un changement, une remise en cause des habitudes, des traditions, une certaine manière de penser et parfois d'être.

Sous ce rapport, la rupture exige une forme d'élasticité, de la gymnastique au risque d'un déchirement ou d'une crampe musculaire douloureuse. Cela s'appelle de la tolérance. C'est pourquoi, tout changement qui touche les fondements sociétaux et les valeurs a besoin d'hommes vigilants, ouverts, consensuels, mesurés, sincères mais surtout pragmatiques. Vouloir, jeter tout un passé dans les oubliettes, c'est insulter la mémoire des anciens. Ceux qui nous ont balisés les chemins, débroussaillés l'horizon en posant la première pierre en toute chose. Hommage mérité à ceux-là. Mais, après cette reconnaissance, acceptons qu'ils avaient agi plus pour eux-mêmes que pour nous.

Le modèle social qu'ils nous ont légué est conçu et taillé sur mesure pour eux, pour une époque donnée et pour répondre à des défis et préoccupations liés à une époque irréversible et aux réalités non reproductibles.

Si nous voulons la paix. Il nous revient de faire une synthèse alchimique qui ne retiendra que le substrat, l'esprit et l'âme de ma société traditionnelle héritée et non le corps déjà meurtri et agonisant d'un passé surchargé et suranné. Nous l'avions, perdu de vue assurément, la société traditionnelle, dont certaines de ses mérites étaient fondées sur la SOLIDARITÉ, LE RESPECT, LE TRAVAIL ET L'HONNEUR. Mais ces mots ne sont jamais restés figés. Le sens que leur donnaient les anciens, dans une société fortement hiérarchisée voire isolée n'est pas forcément le même qu'aujourd'hui, dans notre société soumise à des multiples influences : régionale, nationale, continentale, mondiale etc. Nous existons pour nous-mêmes et non pour les anciens.

Nos réalités sont différentes.

Ils ont pu créer, inventer, élaborer un contrat social pour eux .

A nous maintenant, de faire preuve de virtuosité pour inventer le nôtre, sans les blâmer ou les compromettre. Mais cet exercice ne peut se faire sans une réelle volonté qui sous-tend un génie capable de discernement entre ce qu'il faut prendre des anciens, le copier pour l’adapter, peut-être le façonner, le perfectionner et ce qu'il faut abandonner tout simplement, par ce que inapproprié, devenu caduc et même source de division. Il faut aimer les anciens, vanter leurs mérites mais ne tombons jamais dans l'idéalisme : comme la passion ou l'amour qui sont aveuglants et empêchent souvent de "voir clair".

Raisonner ou résonner pitoyablement, serait de soutenir qu'il faille tout ramener à l'ancien, ne rien changer par ce que, les changements menacent nos traditions, notre culture et coutumes Soninké, alors que le cours des événements a déjà choisi sa trajectoire sur l'orbite d'un monde changeant.

Respect de traditions. Respect des traditions.

Posséder un Nègre, avoir un petit Nègre derrière son véhicule, là où aujourd'hui on met les chiens, était une tradition chez les familles occidentales bourgeoises, avant l'abolition de l'esclavage. Idem pour l'Afrique du Sud sous l’apartheid. Mais, il fallait y renoncer, abandonner cette tradition,- bonne pour certains et une malédiction pour les victimes- ce qui n'a manqué de créer beaucoup de remous et beaucoup de mécontentement. Éliminer certaines traditions ne peut engendrer l'effondrement d'une société. D'ailleurs qu'on le fasse ou pas par anticipation et clairvoyance pour conduire la société vers des lendemains meilleurs, le temps, lui, agira en douceur et il aura raison sur l'être humain à plus forte raison des cultures et traditions inventées par ce dernier.

Seyré SIDIBE, ma contribution au débat Soninké

CULTURE

POLITIQUE

SOCIETE

ECONOMIE

SPORT

Image
Communiqué de Presse: Hommage à Feu Diadié Soumaré
Image
Politique : Le parti CAP s’élargit

Le Centre par l’Action et pour le Progrès (CAP) a grossi ses rangs. Le Rassemblement des jeunes indépendants (RJI) vient d’annoncer son ralliement au parti CAP ce 18 juin à Nouakchott. L’annonce a été faite au cours d’une cérémonie organisée à cette occasion.
Image
COMMUNIQUE DE PRESSE: "finissons la maison du feu Mamadou Demba SY"
Image
Ouverture à Nouakchott d’une conférence destinée à développer le commerce entre la Mauritanie et l’Espagne
Image
Je ne perçois ni salaire ni indemnité de la Fédération Mauritanienne de Football (FFRIM) | Par le président Ahmed Ould Yahya

INTERVIEWS

Image
Questions à Bakary Tandia à La Nouvelle Expression


Bakary Tandia, est de Kaedi et Djeol. Il réside actuellement à New York, aux USA. Il est le Co-fondateur d’Abolition Institute, une organisation de défense des droits de l’homme se focalisant sur l’éradication de l’esclavage. Dans ce cadre, cette organisation travaille en collaboration avec SOS Esclaves et IRA dont Mr Bakary coordonne l’action aux USA. Ce militant dans l’âme est aussi le Secrétaire Général de Muritani Min Jejitta, une organisation dont la mission est l’application de la justice transitionnelle pour une solution juste, satisfaisante et définitive à la question du « passif humanitaire ». Notre invité a d’autres chapeaux…

Image
«SUR LE TERRAIN, IL Y AVAIT DE VÉRITABLES GUERRIERS»
« Un match très compliqué, très stressant et difficile à préparer » : voilà la lecture que Aliou CISSE a du match barrage retour Sénégal-Egypte que son équipe en remporté hier, mardi, aux tirs aux buts après un score de un à zéro sur le terrain.

Image
Le Grand Entretien du BLOG SONINKIDÉES-J'OSE | Avec l’ingénieur informatique Sidi Camara, le concepteur de l’outil numérique Khrankompé

Image
Jemal Ould Yessa à Mejabat

Image
Maria Ressa, Prix Nobel de la Paix 2021: «Ce prix appartient aux journalistes qui tiennent bon»

Image
Dossier des arrestations politiques avec l'ancien Directeur de la Sûreté de l’Etat, Deddahy Ould Abdallahi


FAITS DIVERS

Image

Italie : Une mafia sénégalaise démantelée

Image

Un mystérieux assassinat résolu grâce au concours d’un opérateur téléphonique

Image

Dafort: Un crocodile interrompt la pêche et fait des blessés

Image

Elle ferme ses prisons par manque de prisonniers

Image

Avis de recherche : il s’appelle Oumar Séga Touré et a disparu depuis trois jours

Copyright © 2014 La Nouvelle Expression. Tous droits réservés.