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À l’OCI, Nouakchott vient de démontrer qu’en diplomatie, le bruit ne remplace jamais le travail. Patience, discrétion, persuasion : la méthode a payé.
Il faut le reconnaître. Et le saluer.
Mais en diplomatie, on ne célèbre pas longtemps une victoire. On la transforme.
Après l’OCI, cap sur l’OIF.
Voilà Pr. Mohamed Salem Ould Merzoug à nouveau attendu sur le terrain. À lui de retrousser les manches.
L’enfant de Kiffa, professeur d’université, homme de savoir et de stature internationale, ancien responsable de plusieurs départements ministériels et ancien patron de l’OMVS, est aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, chef de la diplomatie mauritanienne.
Il connaît les arcanes de la négociation. Il sait surtout qu’une victoire se construit avant de s’annoncer.
Discret, Merzoug ? Certainement. Inefficace ? Certainement pas.
La candidature de Coumba Bâ arrive donc à point nommé.
Mais ne nous trompons pas de débat.
Il ne s’agit pas seulement de savoir si la Mauritanie peut obtenir un nouveau succès diplomatique. Il s’agit de poser une question que la Francophonie ne devrait plus esquiver :
Quand donnera-t-on enfin à l’Afrique de l’Ouest sa chance ?
L’alternance géographique ne peut pas être un slogan que l’on ressort à chaque sommet avant de revenir aux mêmes équilibres.
L’Afrique de l’Ouest est là. Elle compte. Elle produit des idées, des cultures, des talents, des diplomates. Elle porte une jeunesse immense et des sociétés en pleine transformation.
Et au milieu de cet espace, la Mauritanie a une carte singulière.
Un trait d’union.
Entre l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb. Entre le monde arabe et l’espace francophone. Entre le Sahel et l’Atlantique.
Dr. Coumba Bâ peut porter cette singularité. Son expérience et son parcours international peuvent servir une Francophonie plus proche de sa jeunesse, plus attentive au numérique, au développement, à la culture et aux mutations du continent.
Alors, après l’OCI, pas question de s’asseoir.
Il faut repartir. Convaincre. Rassembler.
À Mohamed Salem Ould Merzoug de retrousser les manches. À la diplomatie mauritanienne de retourner sur le terrain.
Et aux partenaires de l’OIF de regarder cette fois dans une autre direction.
Vers l’Ouest.
Car donner à l’Afrique de l’Ouest sa chance, ce ne serait pas faire une faveur à la Mauritanie.
Ce serait simplement faire vivre l’alternance.
CSM